Les grosses, l’Amour et le sexe.
Oui, le titre vous fait penser à la fameuse émission (super fun et intéressante d’ailleurs) de la 6 « Les Français, l’Amour et le sexe ».
C’est normal, parce que c’est un des sujets de l’émission d’hier soir qui me donne ma verve de ce matin.
Je suis grosse. Donc je pense pouvoir me permettre d’écrire cet article, d’en avoir le droit, la permission, même s’il est méchant et peut blesser.
En tous cas il reflète bien ce que j’en pense.
J’avais dit que je ne ferais pas de ce blog un énième blog de la grosse bien dans sa peau, ou de la grosse qui se plaint de ses bourrelets ou même de la grosse qui montre qu’on peut bien s’habiller (même chez Chanel) en étant grosse.
Donc cet article sera un des rares qui parlera de la grosse, mais faut que j’l'écrive, j’en ai besoin.
Je déteste les communautés de personnes qui s’identifient par un trait de leur personnalité (genre comme quand je ne traînais qu’avec des fans du groupe Blue comme moi) ou de leur physique (là il s’agit bien de la grande communauté des grosses).
Pourtant y’a toujours un moment où l’on est tenté d’aller vers ces petits (ou grands) groupuscules parce qu’on a l’impression que l’on s’y sentira bien, partageant au moins UN trait commun, qui fait partie intégrante de notre vie, parce qu’on l’a choisit ou parce qu’on en est victime.
Là ce matin je vais parler de la communauté que je connais la mieux, et qui me dégoûte de plus en plus au fil des jours : les grosses.
Au départ franchement c’était marrant d’avoir des copines grosses comme moi, échanges de conseils de fringues, un côté rassurant de se dire qu’on n’est pas seule et que donc ce n’est plus un fléau que d’être en surpoids.
Seulement comme partout, et surtout surtout avec les filles, la rivalité s’impose vite, et la jalousie fait dire et faire des choses affreuses et j’en ai pas mal été victime (et bien entendu je ne suis pas la seule).
Mais chui pas là pour me plaindre ni même de parler de mon expérience perso.
Si vous êtes grosse, un conseil : Méfiez-vous des grosses : tant que vous êtes grosses et mal dans votre peau elles vous adorent. Dès le jour où vous vous affirmez, où vous sortez de votre cocon, vous n’existez plus ! PIRE : vous êtes le mal incarné.
Apothéose : vous avez un caractère bien affirmé et vous n’êtes pas copine avec toutes les connasses qui vous sucent ! Erreur fatale.
Puis même, dans cette communauté on est grosse donc :
- on pense grosse
– on mange grosse
– on s’habille grosse
– on se maquille même grosse
– on se coiffe grosse
– on ….
Bref tout est ramené au fait d’être grosse et là je me sens super mal à la l’aise.
Pourtant je suis grosse, et je sais que ça doit influencer pas mal d’aspects de ma vie. Seulement je suis une femme avant tout et je pense que même si j’avais ces 40 kilos, qui me séparent de la normalité, en moins j’aimerais toujours autant les accessoires girly, le rose, Hello Kitty®, me maquiller comme une pouf, les extensions de cheveux, acheter une tonne de vêtements par mois et ne plus savoir quoi en faire…
Je ne relie pas tout ce que je fais au fait d’être grosse, et heureusement, je suis autre-chose qu’une grosse.
Même si mon physique ne peut pas le cacher, j’ai pas le cerveau d’une grosse, juste d’une humaine.
Et ce qui me dépasse aussi c’est les filles qui sont en recherche de mecs qui n’aiment que les grosses. Alors là, on touche un niveau de superficialité dingue ! Comment faire bondir les féministes, elles veulent devenir la ‘chose’ d’un homme, sa poupée de chair, plus elle est grosse plus elle vaut cher auprès des copains ! Eurk… permettez-moi de vomir.
On me demande souvent si Marc aime les femmes rondes depuis toujours (le fait qu’il soit rond aussi doit également influencer cette question je pense) et je réponds « non, je suis sa première grosse, avant moi il n’a eu que des minces, même des maigres ». Et franchement, j’en ai rien à faire, il m’aime moi, parce que je suis moi, et ça je le sais depuis le début, mon poids, mes 95 kilos de l’époque n’ont jamais été évoqués dans nos premiers échanges.
Je ne pourrais supporter être avec un mec qui m’aime juste parce que je ne suis pas mince.
Pourtant, je l’ai été, avec un mec. De qui j’étais éperdument amoureuse, à qui j’ai tout donné.
Lui il aimait les femmes rondes, jolies certes mais rondes. Il les aimait toutes. Et toutes en même temps.
Les femmes rondes sont trop souvent des proies faciles car elles n’ont pas confiance en elles, et se laissent berner par les premiers compliments sortis de la bouche d’un connard, à gerber encore une fois.
Les mêmes « t’es trop charmante » qu’à la voisine d’à côté qui a les mêmes genre de bourrelets.
C’est horrible d’être relégué au rang de ‘plan cul facile parce qu’elle n’en a jamais’. Eurk eurk eurk.
Heureusement si je compte bien toutes mes conquêtes (là j’me la pète), je n’ai été la grosse que d’un seul ! Bon c’est celui qui m’a fait le plus de mal, mais au moins on dirait que ça m’a servi de leçon et tant mieux.
Je suis tellement heureuse aujourd’hui d’exister par moi-même, d’être dans ma vie qui je suis dans ma tête, grosse ou mince je suis Marion, et ça fait du bien.
Un jour j’aurai un poids ‘normal’, et j’espère garder la même façon de penser qu’aujourd’hui.
M.